Brazzaville, le 27 juin 2026 – Les pays de la CEMAC vont bientôt disposer d’un outil commun pour détecter en amont les soubresauts de leur économie. À l’issue d’une concertation de haut niveau dans la capitale congolaise, le commissaire en charge des politiques économiques, Nicolas Beyeme Nguema, a officialisé le développement progressif d’un système régional d’alerte précoce.
Ce mécanisme, au cœur du renforcement de la surveillance économique sous-régionale, vise à repérer rapidement les vulnérabilités et à fournir aux gouvernements des six États membres des informations anticipées. Objectif : ajuster les décisions publiques avant que les crises ne surviennent.
« Ce dispositif permettra d’identifier les signaux faibles de l’économie et d’agir avec réactivité », a souligné le commissaire. Il a également dévoilé trois autres axes prioritaires pour faire du suivi conjoncturel un véritable instrument d’aide à la prise de décision. Il s’agit de la production régulière de notes de conjoncture nationales et régionales, du renforcement des capacités des experts en matière de prévision et de traitement des données infra-annuelles, et de la modernisation des outils numériques de collecte et d’exploitation des statistiques.
La réunion, entamée le 22 juin, a réuni des spécialistes venus des six pays membres (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad) ainsi que des partenaires techniques comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne (Afristat).
Les experts ont émis plusieurs recommandations pour améliorer la chaîne de production des notes de conjoncture. À court terme, ils demandent aux États de partager leurs données nationales avec la Commission de la CEMAC et de sensibiliser les décideurs au respect des règles de production des tableaux de bord économiques. Sur le long terme, ils plaident pour la mise au point d’indicateurs plus fins, comme le Produit intérieur brut trimestriel.
Avec cette initiative, la CEMAC entend muscler sa capacité à prévoir et à prévenir les chocs, dans un contexte régional marqué par la volatilité des cours des matières premières et les incertitudes mondiales.
