Brazzaville, 29 juin 2026 – À la maison d’arrêt et de correction de Brazzaville, l’heure n’est pas seulement au bilan des examens du BEPC qui se sont déroulés du 23 au 26 juin. Dix détenus, qui ont composé dans le cadre de ce brevet, portent désormais une revendication : l’accès aux examens de l’enseignement technique et professionnel.
Une demande qui traduit une ambition de reconstruction personnelle et professionnelle. Ces hommes, qui purgent leur peine, ne veulent pas seulement valider des savoirs académiques ; ils veulent acquérir des compétences pratiques pour se projeter vers l’avenir. « C’est une opportunité de nous qualifier pour des métiers qui recrutent, comme la maintenance industrielle ou la foresterie », confie l’un d’eux.
Un dispositif éducatif en prison depuis 2017
Depuis sept ans, la maison d’arrêt a fait de l’éducation une composante centrale de son programme de réhabilitation. Chaque année, des détenus s’inscrivent au CEPE, au BEPC ou au baccalauréat. L’administration pénitentiaire voit dans ces examens un moyen de responsabiliser les prisonniers et de réduire les risques de récidive.
Mais l’offre reste limitée aux filières générales. Or, pour beaucoup de détenus, souvent issus de milieux modestes, la voie technique et professionnelle est plus adaptée. « J’étais mécanicien avant mon incarcération, reprend le détenu. Si je pouvais passer un BEP en mécanique, je sortirais avec une certification reconnue. »
Un enjeu de société
L’élargissement des examens en milieu carcéral ne bénéficierait pas qu’aux individus. La société y gagnerait en voyant revenir des citoyens formés, capables de contribuer à l’économie nationale. Dans un pays où le chômage touche particulièrement les jeunes, ces diplômes techniques peuvent faire la différence.
Le Congo a d’ailleurs renforcé son dispositif d’enseignement technique ces dernières années, notamment avec la création de nouveaux lycées professionnels. Pourquoi ne pas étendre cet effort aux prisons ? La question est désormais posée aux autorités. Si la demande aboutit, la maison d’arrêt de Brazzaville pourrait devenir un modèle en Afrique centrale.
En attendant, les dix candidats du BEPC attendent leurs résultats avec espoir. Mais au-delà de la note, c’est tout un système qu’ils appellent à évoluer. Une révolution silencieuse, pour que la prison ne soit plus seulement un lieu de privation, mais aussi un tremplin pour une nouvelle vie.
