La fin du mois de juillet 2026 aura été marquée par deux annonces retentissantes en Afrique centrale. Tandis que le Cameroun se voit infliger une lourde sanction financière dans un litige minier, le Tchad officialise son divorce avec la Cour pénale internationale (CPI). Tour d’horizon de ces développements aux implications régionales.
Cameroun : 616 millions de dollars à verser à l’australien Sundance
Un tribunal arbitral international a tranché le 20 juillet : l’État camerounais devra indemniser la société minière australienne Sundance Resources à hauteur de 616 millions de dollars. Ce verdict fait suite à un long contentieux autour du projet d’exploitation du gisement de fer de Nabeba-Mbalam, situé à cheval entre le Cameroun et le Congo-Brazzaville. Le gouvernement camerounais est accusé d’avoir fautivement retiré les droits d’exploitation à Sundance, entraînant l’échec du projet.
Cette condamnation, l’une des plus élevées jamais prononcées contre un pays africain dans un différend commercial, risque de peser lourd sur les finances camerounaises. Du côté de Brazzaville, où la partie congolaise du gisement suscite également des convoitises, on suit l’affaire avec attention, d’autant que des sociétés congolaises pourraient être intéressées par une reprise des activités.
Le Tchad claque la porte de la CPI
Le 27 juillet, N’Djamena a notifié au secrétaire général des Nations unies sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale. Le gouvernement tchadien justifie ce retrait par une justice « sélective » qui, selon lui, cible principalement les pays africains. Cette annonce ravive le débat sur les relations entre l’Afrique et les institutions judiciaires internationales, plusieurs États du continent ayant régulièrement brandi la menace d’un départ ou l’ayant déjà concrétisé.
Pour le Congo, qui a ratifié le Statut de Rome et coopère avec la CPI, cette décision tchadienne est un signal inquiétant. Elle pourrait encourager d’autres nations de la région à remettre en cause leur engagement envers la justice internationale, alors que la lutte contre l’impunité reste un enjeu majeur en Afrique centrale.
Ces deux actualités, bien que de nature différente, illustrent les défis auxquels font face les États d’Afrique centrale : entre pressions économiques et choix politiques souverains, la région doit composer avec un environnement international de plus en plus exigeant. La République du Congo, de par sa position géographique et ses intérêts croisés, ne peut rester indifférente à ces évolutions.
