Ce 3 juillet 2026, la question de la gouvernance financière au Congo reste plus que jamais d’actualité. La récente révision à la hausse de la loi de finances rectificative et les discussions techniques avec le Fonds monétaire international (FMI) ont ravivé les tensions au sommet de l’État. Selon des sources proches du gouvernement, la pression s’accentuerait sur plusieurs ministres, dont les contre-performances pourraient précipiter un remaniement.
Deux visions, une même impasse
Le débat oppose schématiquement les partisans du financement sur fonds propres, à l’image de ce qui se pratique au Burkina, et ceux qui privilégient l’endettement extérieur et le soutien des institutions de Bretton Woods. Mais au-delà des postures, les deux approches peinent à résoudre les difficultés structurelles des finances publiques congolaises. L’enjeu véritable réside ailleurs : dans la mise en œuvre effective des réformes promises.
Les audits pétroliers, une promesse non tenue
Dès 2018, la Banque mondiale insistait sur la nécessité d’auditer les coûts pétroliers, avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD). L’objectif : vérifier que les « Cost Oil » prélevés avant partage de production ne lèsent pas la part de l’État. Or, aucun rapport complet n’a été rendu public à ce jour. Des accusations visent même l’ancien ministre Bruno Jean Richard Itoua, soupçonné d’avoir confié certaines missions à des cabinets camerounais hors cadre légal.
La SNPC et les entreprises publiques à la traîne
Les audits externes de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) restent eux aussi largement incomplets, malgré les engagements pris. La publication des états financiers demeure irrégulière. Quant aux 49 entreprises publiques que comptait le pays en 2016, leur audit par la Cour des comptes et de discipline budgétaire (CCDB) et le Commissariat national aux comptes (CNC) n’a jamais été centralisé ni suivi d’effets. La loi organique de la CCDB n’est intervenue qu’en 2020, et le tableau de suivi promis n’a jamais vu le jour.
Des institutions de contrôle fragilisées
Après la disparition de Charles Émile Apesse en 2025, la CCDB traverse une zone de turbulences. Le concours de recrutement d’auditeurs de 2026 a cristallisé les critiques : plus de 250 admis pour 75 places théoriques, et des allégations de corruption évoquant des versements de un à trois millions de FCFA. Une enquête de la CID citait plusieurs hauts responsables, avant le silence.
En définitive, la sortie de crise passe par une véritable volonté de transparence, au-delà des effets d’annonce. Les compétences existent ; reste à les mobiliser en écartant les logiques clientélistes.
